Leur complicité naissante

J’avais quelques craintes, en ayant des enfants avec 5 ans d’écart. J’avais plusieurs sons de cloches, certains plutôt positifs et d’autres assez flippants. Et comme j’ai l’habitude de le faire, j’ai attendu de voir ce que ça donnerait chez nous.

Et j’ai bien fait de ne pas me mettre la rate au court bouillon : Miss G est une grande soeur très prévenante et absolument gaga de sa petite soeur. Jugez pour voir :

“Maman, Baby O est réveillé, je peux aller lui dire bonjour ?”

“Je peux la tenir sur moi ?”

“Attends Baby O, Maman va venir, ne t’inquiète pas. Ne pleure pas, je suis là.”

“Bravooooo petite soeur ! Hey regarde Maman, elle a mis ses mains comme ça sur son tapis, pour attraper ses jouets en l’air. Et elle s’est retournée !”

“Tu vois, ça, c’est la bocca. BOOOO-CAAAAA, ça veut dire bouche”.

“Tu peux la mettre dans ma chambre pendant que je joue ? Et je peux la mettre dans le lit de mon bébé à moi ?” (mais bien sur….)

“Je vais t’apprendre à compter : 1,2,3,…..”

“Je peux lui donner à manger sa purée ? Ha non, elle en met partout. Tiens, je te laisse faire”.

Baby O, quant à elle, est fan de sa grande soeur et plus rien n’existe autour d’elle quand elles sont ensemble. J’entends ses éclats de rire, je la vois se tortiller dans tous les sens comme pour lui dire “regarde ce que je sais faire !”.

Mais, même si Miss G est à fond, elle nous dit aussi quand elle est lasse d’entendre sa petite soeur pleurer, (ce qui est très, très rare, ce bébé est souriant tout le temps) ou quand elle s’aperçoit qu’on ne peut plus tout faire comme avant. Un jour, elle m’a dit que “c’était quand même plus drôle quand Baby O n’était pas là, on pouvait sortir quand on voulait. Mais bon, je suis contente aussi qu’elle soit dans la famille“.

Je pense que l’essentiel est dit.

Je vous laisse avec des photos qui me font gonfler le coeur, je suis très irrégulière en ce moment par ici mais… la vie, tout simplement…

complicitésoeurs complices

A très vite,

D.

La petite fille qui n’avait pas de chance

IMG_0470

Cette petite fille, c’est Miss G. Elle n’a pas de chance, contrairement à ses copines : sa maman travaille et pendant les vacances, elle doit aller au centre (trois jours par semaine grand max).

Depuis la semaine dernière, j’entendais ses petits reproches : “oui mais la maman de ma copine, elle ne travaille pas, elle ! Alors ma copine, elle ne va jamais au centre”. Malheureusement, mes tentatives pour faire pousser les sous dans le jardin ce sont révélées vaines… Et puis vous le savez, j’aime avoir une activité professionnelle. Je ne sauve pas le monde, je n’ai pas un job qui envoie du rêve mais j’aime ce que je fais. Et surtout, je me marre avec mon équipe. C’est un peu mon centre de loisirs à moi (les semaines où ça va, j’entends).

Mais malgré tout, j’avais bien les boules de me manger ses petites remarques alors que je cours partout pour la laisser le moins de temps possible au périsco. Alors ce matin, en prenant le chemin du bagne du centre, j’espérais que ça irait. On a regardé la scène où Johnny apprend à danser à Bébé, on a dansé, on a failli être en retard. On a fait le coeur sur le poignet. Tout était au point. Mais au moment de se dire aurevoir, les grandes eaux. Une petite discussion, une promesse pour le soir, et elle est partie le sourire aux lèvres.

Et ce soir, en arrivant devant la grille, je l’ai regardée au loin : avec sa petite casquette rose fuchsia, je ne pouvais pas la rater. J’ai grappillé quelques images des instants que je ne vois jamais, ceux où elle joue avec ses camarades. Je me suis sentie rassurée de la voir s’amuser. De la voir mener sa petite barque sans moi, même si je pense que ce n’est pas toujours facile pour elle. (en vrai j’avais l’air complètement débile à commenter la scène à l’une de mes meilleures potes, mais cesse-t-on un jour d’être en admiration devant son gosse ?).

Tout ça pour dire aux mamans qui culpabilisent de laisser leurs enfants récalcitrants au centre : ce soir, elle m’a dit “c’était troooooop génial, je me suis bien amusée !”. Et a priori, elle a l’air contente d’y retourner demain.

Finalement, je pense bien qu’elle en a, de la chance 😉

D.