Le spleen

Je me souviens des cours de Français et de la prof qui nous parlait du spleen de Baudelaire. Mais qu’est ce que c’était que ce mot bizarre, qu’est ce que ça voulait bien pouvoir dire ? Je me rappelle que la prof essayait de nous donner des exemples pour nous faire comprendre la définition mais comment connaître ce sentiment quand on a 15 ou 16 ans ? Pour ma part, c’était plutôt abstrait.

Quelques trop d’années plus tard, je sais. C’est quand le cœur se serre en repensant qu’il y a deux ans tout pile, je venais de rentrer de la maternité. Que je ne sentirai plus cette odeur de bébé tout neuf, alors que mon corps lui se rappelle tout à fait de la sensation des petits coups de pied. (mais ne pas avoir envie de remettre le couvert pour autant, ambivalence éternelle dirons-nous).

C’est se dire que la vie passe décidément bien trop vite, c’est devoir accepter de voir ceux qu’on aime vieillir, redevenir des enfants à leur tour et ne plus se souvenir de nos histoires communes.

C’est vouloir revivre des bribes de moment, mais pas tout non plus parce qu’on sait que la vie n’est pas un long fleuve tranquille !

C’est sentir les larmes monter en voyant une vieille photo et constater les rides au coin des yeux aujourd’hui.

Et pour autant, avoir envie d’avancer, de voir les enfants grandir ! Accepter de vieillir aussi.

Le spleen, mon meilleur ennemi…

 

Lâcher prise, mode d’emploi

C’est un job à temps plein d’essayer de tout contrôler, d’être parfaite et irréprochable. C’est surtout ultra fatigant.

Comme vous, j’entends parler depuis quelques années du “lâcher prise”, de la bienveillance envers soi même.

Très souvent, mon petit Jimini Cricket (aka Emilie) me sort “lâche-toi la grappe !!”. Oui, mais comment ? Il m’aura fallu pas mal de mois pour mettre l’exercice en pratique (attention, je vais vous raconter ma vie, vous avez du pop corn?).

Tout récemment, j’ai tilté que nous avions une invitation pour aller au cirque en famille. Elle était valable jusque mi janvier et nos week-ends étaient déjà tous chargés (nous sommes ministres dans notre vie parallèle, et vous ?). Seule solution de repli : y aller le mercredi après-midi.

Oui, mais… il fallait y aller sans mon mari, alors que j’avais prévu de faire une sortie tous les quatre… Et alors ? Allait-il se lamenter de ne pas aller voir les clowns ? Notre vie de famille reposait-elle sur cette sortie ? Hum, non et non.

Oui, mais… la grande a danse jusque 14h et la séance était à 14h30 à Paris.

La moi “control freak” aurait choisi de zapper le cours de danse ou de récupérer la miss un peu plus tôt pour être à l’heure.

Mais tout à coup, éclair de lucidité : est-ce que le monde allait s’arrêter de tourner si nous arrivions en retard ? Est-ce qu’on allait m’interdire l’entrée ? Est-ce que tout le public est à l’heure en général ? Allait-on braquer les projecteurs sur mes filles et moi en hurlant “houuuu la honte, elles ont raté le début !”

Alors, je suis allée chercher ma fille à son cours à 14h. Nous avons pris la route tranquillement et sommes arrivées sur le parking 30 minutes plus tard (note pour celles et ceux qui pensent que vivre à la campagne, c’est vivre en Province : j’ai mis une demi-heure les gars, en respectant les limitations car je suis un peu border line niveau points…). Bien évidemment, le temps de récupérer les places, de traverser les chapiteaux et de prendre enfin siège, nous avions raté une bonne vingtaine de minutes mais je m’en fichais et les gosses aussi.

On a ri, mangé de la barbe à papa, du pop corn (il n’y en a plus pour vous, vous continuez de lire tout de même ?) et payé pour visiter la ménagerie aller voir des caravanes et trois chiens.

On s’est créé un nouveau souvenir à ajouter dans la boîte. Sans stress, tout en douceur. Et c’était drôlement bien !

 

 

Et sourire à la vie

Je n’osais pas regarder ce documentaire. Pourtant, j’en avais entendu parlé par sa réalisatrice Katia Chapoutier depuis des mois, notamment à la sortie du livre La vie après le suicide d’un proche.

J’avais peur que cela remue trop de choses, d’autant plus qu’il y avait plusieurs témoignages de parents dont les enfants avaient choisi de mourir. J’avais peur également de trop me projeter : mais j’ai réussi à écouter sans imaginer leur peine et leur chagrin.

Pourquoi parler de ce documentaire ici ? Parce qu’il est magnifique. Parce qu’il vous montre que toutes questions que vous vous posez, toutes les phrases commençant par “et si….”, toutes les phases de culpabilité sont normales et nécessaires pour faire le chemin qui mènera à l’apaisement. Non, même si vous aviez plus gentil / à l’écoute / si vous aviez décroché / si vous aviez été une meilleure personne : cela n’aurait rien changé.

Je pense que le plus dur dans la vie de parents, c’est d’accepter que la vie de nos enfants ne nous appartient pas et qu’ils feront leurs propres choix. Une fois cela intégré, la résilience a eu lieu pour les personnes ayant témoigné.

Oui, leur vie est belle aujourd’hui même s’ils ont souffert et souffrent encore, portant leur fardeau comme dit l’une des mamans endeuillées. Non, ils n’oublient pas la fille / le frère / le conjoint parti mais ils vivent.

Et c’est la plus belle manière de leur rendre hommage.

Je vous mets le lien du livre ci-dessous et pour le replat c’est par ici.

que je compte lire rapidement :

Encore bravo à toi Katia, pour ton travail et merci pour ta voix apaisante qui porte l’espoir !