L’envol

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Il y environ un an, j’ai commencé à m’interroger sur ma vie professionnelle. En effet, j’avais choisi mon job peu de temps après la naissance de mon aînée, en sachant que je ferais une croix sur mes aspirations, mais je savais aussi que j’apprendrais de nouvelles choses. Et puis surtout, j’ai pu aménager mes horaires afin de me rendre disponible pour ma famille.

Au départ, j’y trouvais mon compte. Mais un beau jour, je me suis sentie comme piégée. Comme dans les petits casse-têtes dans lesquels on doit faire bouger une petite bille : moi, j’étais cette petite bille grise bloquée de toutes parts. Je ne pouvais pas bouger car ma petite était en nounou et que cette dernière ne travaillait pas le mercredi : difficile de trouver un emploi en télétravail une journée dès le départ. Et puis j’avais mal au coeur de laisser mes collègues. Près de 8 ans à se voir chaque jour, dans une ambiance ultra conviviale, ça créé des liens.

Mais il a fallu se rendre à l’évidence quand j’ai commencé à sombrer. Car la réalité était surtout que j’avais peur. Peur d’assumer de vouloir faire autre chose. Peur de décider de mettre mes filles au centre aéré le mercredi, maintenant qu’elles sont toutes les deux scolarisées. Peur de ne pas savoir travailler ailleurs, de rencontrer de nouvelles personnes, d’apprendre un nouveau travail, de devoir faire mes preuves. Je me suis noyée dans mes peurs et j’ai connu des moments très difficiles.

C’est très facile d’aimer quand tout va bien, mais qu’en est-il quand ça ne va plus à l’intérieur ? J’ai une chance inestimable : celle d’avoir été soutenue par mon amoureux et mes amis, qui sauront se reconnaître. Tant de messages échangés, de conversations à base “et si…”, “oui, mais….”. Ils ont su me rassurer, me donner la confiance que j’avais complètement perdue à force de m’enfermer dans une fonction qui ne m’allait plus.

Bref, après moult questions, je me suis lancée. Et croyez-le ou non, l’univers m’a entendue. Un beau matin, j’ai reçu un message pour un poste qui cochait toutes les cases de ma fiche rêvée. J’ai eu le job. J’ai démissionné. J’ai inscrit les filles au centre. Et maintenant je ne suis plus une maman du mercredi, mais une maman de la sortie d’école le vendredi (je ne saurais dire laquelle de nous trois était la plus ravie à 16h30 ce vendredi).

Je travaille dans un secteur qui m’a toujours attirée, je parle les deux langues que j’adore et qui ces derniers temps ne me servaient qu’à regarder Netflix sans sous-titres. J’ai rencontré une super équipe et j’ai envie de me donner à fond dans ce nouveau challenge. Mais surtout, je me sens bien. J’ai l’impression de m’être envolée, poussée par mes précieux soutiens qui n’ont jamais douté de moi.

Alors ça a été dur, physiquement et moralement. Mais ça en valait la peine.

Je vous souhaite une excellente soirée, je vous remercie pour les chaleureux messages suite à mon annonce sur les RS. You rock !

 

Cette cruelle ambivalence

Ces deux dernières semaines, j’ai été une maman “à la maison”. J’ai été présente aux sorties d’école, à la piscine, j’ai senti mon coeur gonfler en voyant ces yeux s’illuminer en me voyant à 16h30. Je rêvais de cela, moi qui ne peut jamais les récupérer avant 18h.

Et pourtant…. je rêve maintenant de souffler. De prendre une grande, très grande inspiration et de laisser l’air sortir tout doucement, comme pour dégonfler mon ballon de patience qui commence à saturer.

Mais je ne comprends pas, je devrais être la plus heureuse au monde de passer du temps avec mes enfants, je me plaignais de courir après le temps il y a encore un mois. Finalement, on dirait que cette vie là n’est pas faite pour moi.

Mais alors pourquoi mon coeur se serre quand je pense aux prochaines semaines durant lesquelles je vais devoir m’investir à fond dans un nouveau poste ? Je ressens déjà le manque d’elles, la nostalgie des goûters pris dans la cuisine en faisant les devoirs. Dès que la vague me submerge, je propose un puzzle, ou un livre et je plonge mon nez dans leurs cous pour les sentir et capturer leurs senteurs. Je me shoote. Pour prévenir la période de sevrage qui commence lundi.

Suis-je la seule à ressentir toute cette ambivalence ?