Lettre aux parents dont les enfants pleurent pour aller à l’école

J’avais tellement envie de pouvoir écrire ce genre de billet un jour. J’avais aussi tellement peur de crier victoire un peu trop vite et de m’en mordre les doigts. Et finalement, j’ai fait taire cette petite voix qui me disait de rester vigilante et j’ai décidé de sauter le pas.

La rentrée a eu lieu il y a deux semaines, vous avez sans doute vu passer des centaines de photos d’enfants tout sourire avec leur cartable, tenant des affiches montrant en quelle classe ils entrent et ce qu’ils veulent faire plus tard. Vous faites peut être partie des familles chez qui ça ne se passe pas si bien. Vous avez eu la boule au ventre et la gorge serrée en laissant votre enfant en détresse, que ce soit à la maternelle ou en primaire.

J’avais profondément envie de vous dire que ça s’arrangera. Je vous le promets. Je prends un engagement de folie en m’avançant ainsi mais pour être passée par là, je sais de quoi je parle. Et je veux aussi vous dire plein d’autres choses :

Ce n’est pas votre faute.

La parentalité a cette incroyable faculté de nous faire culpabiliser pour tout et rien. Et forcément, quand on n’arrive pas à calmer ou rassurer son enfant, on se dit qu’on est le pire des parents. Donc l’enfant sent notre détresse et stresse encore plus. C’est un peu comme si on flippe de sauter dans l’eau et que la personne à côté de nous semble hyper angoissée pour nous tout en essayant de nous encourager. Est-ce qu’on sauterait ? Moi non. Ils ont le droit d’avoir peur de nous laisser, cela leur appartient. Ils ont les ressources nécessaires pour s’adapter et aller de l’avant. Ils ont besoin de temps. Ils y arriveront ! Pour certains, cela prend plus de temps.

On se fiche de ce que les autres pensent.

Il y a toujours les regards lourds qui scrutent la réaction nos réactions. C’est sur, il est toujours plus facile de déposer son gosse sans cris alors cela peut paraître inconcevable pour certains de voir des situations plus compliquées. Mais bon, gardons en tête qu’aucune famille n’est parfaite et que chaque enfant a ses peurs. Le petit qui pleure le matin et dont les parents semblent juger se réveille peut être toutes les nuits, tape des crises de dingue chez lui ou fait pipi au lit. Nous avons tous notre lot de galères : pleurer à l’école est visible de tous, c’est difficile de devoir exposer ses failles au grand jour mais n’oubliez pas qu’il y a des couacs chez tout le monde !

Dédramatisez !

Ceux qui me connaissent dans la vraie vie vont sûrement sourire car j’ai longtemps été la pro du “oulalala, ça ne va pas bien se passer, c’est l’horreur, etc”. Mais ça, c’était avant. Si l’enfant pleure lundi matin, on peut lui dire qu’il arrivera peut être à ne plus pleurer le mardi. Ou le mercredi. Et qu’il pourra encore essayer jeudi, vendredi, et les autres semaines. On peut lui dire qu’on ne sera pas fâché. Mais qu’on a confiance en lui et qu’il va trouver ses marques.

Montez votre family team.

Parfois nos enfants nous voient comme des sur-hommes et ne s’imaginent pas que nous avons nous aussi nos zones de stress. On peut lui parler de votre dossier compliqué à boucler et lui dire que nous allons mutuellement nous envoyer de la force pendant la journée. La famille est une équipe et chaque membre soutient les autres. Ou encore si le petit dernier pleure, on peut demander à l’aîné de le rassurer un peu en lui expliquant ce qu’il va faire à l’école.

Les petites astuces qui mettent du baume au cœur.

Il y a le fameux petit cœur sur le poignet, inspiré par MarjolieMaman. On peut aussi concocter un petit album photo à glisser dans le cartable, ou donner un objet symbolique à son enfant (un porte-clés, un stylo…). L’idée est de partager un truc avec lui, de lui montrer qu’il n’est pas seul.

Je ne souhaite pas rentrer dans les détails au sujet de mes enfants, cela leur appartient et comme déjà expliqué, je ne veux plus trop parler de notre vie privée par ici. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il ne faut surtout pas désespérer. Lâchez-vous la grappe et montrer-leur que vous croyez en eux. Dites-leur que c’est formidable de grandir (même si cela implique d’accepter de les voir partir un peu et de nous voir vieillir).

Vous êtes leurs meilleurs parents ! Ce n’est pas pour rien que vous avez reçu cette formidable mission que de les élever. Faites-vous confiance également, croyez en vous !

Signé la maman qui dépose enfin ses enfants le cœur léger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *