Mais quand avons-nous lâché nos rêves ?

Récemment j’ai revu le film “Jour J” de la talentueuse Reem Khereci. D’ailleurs, on nous a récemment prêté une certaine ressemblance (que je cherche encore) mais je peux vous dire que ça m’a fait la journée.

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Dans ce film, on la voit très souvent avec sa petite fille intérieure, c’est un peu le fil conducteur qui nous permet de comprendre pourquoi son personnage est comme ça. Et forcément, j’ai pris la main de ma petite fille intérieure, à moi, quand le générique de fin s’est affiché.

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Qu’est ce qu’elle espérait, cette petite fille ? Tellement de choses… Elle voulait avoir un mari gentil, beau, attentionné (ça, c’est coché !), avoir des enfants (l’inconsciente) et être heureuse. Pour le moment, on a tout bon. Mais elle rêvait de plein d’autres trucs ! Elle voulait être styliste, ou avocate. Peut-être maîtresse d’école / prof de langues. Ou traductrice. Et pourquoi pas écrivain ? Bosser dans la comm’, avoir sa propre agence de relations presse (Samantha Jones ^^), ne dépendre de personne et gérer sa boîte. En regardant l’héroïne du film,  à la tête d’une agence de wedding-planning, je me suis souvenue que je m’imaginais comme ça quand j’étais ado : working girl, menant de front sa vie pro et perso sans avoir de patron (avec un look plutôt sympa mais je ne me déçois pas trop sur ce point là).

Mais alors… à quel moment ça a planté ? Je ne saurais même pas le dire. Mais suite à une discussion avec une collègue puis à un post en story sur IG, je me suis aperçue que nous étions très nombreuses à avoir lâché la main de notre petite fille intérieure.

Les réponses que j’ai reçues étaient toutes unanimes : il est ultra difficile de garder ses passions  ou d’atteindre avec le quotidien et les contraintes financières nous poussent la plupart du temps à oublier les rêves que nous avions. Pour ma part, je n’ai personne à blâmer, à part moi-même : j’ai fait mes choix, je les assume. Ils me mèneront tôt ou tard là où je veux être. J’ai juste pris un chemin un peu plus long que prévu.

Mais alors (bis repetita) : pourquoi certaines y arrivent ? Est-ce qu’elles ont sacrifié quelque chose que nous avons, au profit de leur épanouissement personnel / professionnel ? Ont-elles fait une croix sur leur vie de famille ? Personnellement, je ne le crois pas. Je reste persuadée que si on ne lâche rien, on obtient tout ce qu’on veut. Peut être pas tout de suite, bien évidemment je ne vais refermer mon ordinateur et rédiger une lettre de démission pour me lancer dans un nouveau projet.

Je garde en tête que tout vient à point à qui sait attendre.

Et vous ?!

 

Mauvaise mère 

  Je pensais être folle de me dire ça alors je l’ai gardé pour moi. Et en discutant avec une pote, j’ai appris que ce sentiment était partagé par d’autres mamans.

À la rentrée de Miss G, je m’en suis particulièrement voulu d’être une maman active, qui ne serait jamais aux sorties de 15h45, ni à celles de 16h30. J’ai compté qu’elle allait rester avec des inconnus, dans un cadre nouveau de 08h30 à 18h. J’ai réalisé qu’elle allait vivre une vie que moi je n’ai pas eu car j’ai eu la chance d’avoir ma maman pour moi. Je n’ai jamais mis un pied à la cantine ni à la garderie.

Ce n’est pas simple de se projeter ainsi quand on n’est pas la maman qu’on a eue. 

Un jour, j’ai craqué quand on m’a dit “ha oui quand même, ça lui fait de sacrées longues journées”. J’ai pleuré en répondant que je n’avais pas encore trouvé la solution pour payer la maison et le quotidien sans bosser. Que c’était un choix, mon choix, de travailler et que même si c’était très difficile à ce moment précis, je savais que ça s’arrangerait. 

J’ai jalousé la maman qui est là chaque midi et à chaque sortie avec le goûter. J’ai ravalé mes larmes les matins où elle m’a confié ne pas vouloir aller à la garderie ou au centre. Je suis partie de la maison dégoûtée après l’avoir préparée pour le carnaval sans pouvoir la voir arriver dans sa classe avec tous les autres déguisés. 

J’étais la mauvaise mère, celle qui remplit des tableaux au lieu d’être avec la chair de sa chair. 

Et comme toujours, après la tempête, relativiser sur le fait qu’elle est récupérée par sa Mamy tous les lundis à l’heure des papas et mamans (même qu’elle trouve ça “trop chouette”), que je suis là les mercredis et surtout, qu’ainsi va la vie. J’ai participé à sa première scolaire, comme quoi l’un n’empêche pas l’autre mais que voulez-vous, j’ai une fâcheuse tendance à me mettre la rate au court-bouillon.

Alors je voulais juste vous dire, te dire si tu me lis et que tu te reconnais, qu’on fait de notre mieux. Qu’on n’est pas meilleure ou mauvaise mère parce qu’on ne peut pas faire comme on aimerait pour nos petits. Et que l’essentiel est peut être de leur donner le meilleur de notre temps quand on les récupère.

C’était le dernier mardi tout doux de l’année pour Maman at home, je vous souhaite de profiter de vos petits autant que vous le pourrez pendant les vacances.

D. 

Ces jours où je regrette de travailler

Je l’ai assez dit et répété ici et dans la vraie vie : j’aime travailler et j’aime mon job. Je m’épanouis pleinement dans ce rôle de maman active mais comme je ne suis pas à une contradiction près, il y a tout de même des jours où je regrette de bosser.

Je sais que ma fille s’amuse chez son assistante maternelle, elle y passe de superbes journées et c’est ce que j’ai voulu après tout : retravailler et ne pas rester à la maison. Mais il y a des nuits tellement difficiles (quand elle est malade) ou des matins si déchirants (quand elle ne veut pas que je quitte la maison) que j’en arrive à m’en vouloir.

D’autant plus que maintenant, Miss G parle et sait mettre des mots sur ses maux : “tu pars tout le temps”, “ze veux rester avec toi”, “ze suis malheureuse quand t’es pas là”. Des phrases bien placées qui me transpercent le coeur. Alors que je suis une maman présente grâce à mes horaires et surtout grâce à mes mercredis avec elle, j’en arrive à me demander si je ne passe pas à côté de quelque chose.

Souvent, elle me demande “mais pourquoi tu vas au travail ?”. Comme je ne veux pas tomber dans le jeu du “je travaille pour t’acheter des cadeaux”, je lui explique que c’est comme cela que ça se passe dans la vie (oui je sais que certaines mamans ne travaillent pas mais je préfère ne pas trop l’embrouiller) et que les mamans de ses copains travaillent aussi. Qu’il faut de l’argent pour acheter à manger, pour entretenir la maison.

Mais comprend-on vraiment tout cela à (presque) 3 ans ? A vrai dire je n’en sais rien, et j’essaie de lui expliquer pourquoi je m’en vais et que je suis contente de la retrouver le soir. Je fais le maximum pour la rassurer et lui dire que je l’aime et que je pense à elle pendant la journée. Cependant, je n’aimerais pas lui laisser penser que je vais au travail à contre coeur, car cela ne lui donnerait pas une vision sereine de tout ça. Alors je tente de rester forte et je ravale mes larmes.

 

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D.

 

Réussir sa vie pro ou perso ?

Hier je discutais avec une chef de projet d’une enseigne de distribution. Nous évoquions nos parcours professionnels quand elle m’a dit d’un ton catégorique “tu devrais commencer à bouger de ta boîte et faire autre chose, c’est à ton âge qu’il faut y penser. Après 30, 35 ans, ça devient plus dur.

Ba moi, je n’ai pas 30 ans avant…. Ha oui c’est vrai, deux ans. Deux ans c’est demain.

Oui, je sens un petit pincement au cœur quand je repère les produits que je développais avant, je me dis que vraiment je m’éclatais quand je partais en voyage chercher de nouveaux fournisseurs et trouver des articles sympa. Certes ça me manque mais….

Mais j’aime aussi mon nouveau travail, pourtant radicalement différent. Et surtout, je suis maintenant maman. Je ne veux pas partir loin, quitter tard et rater des bouts de la vie de Miss G. J’ai la chance d’être dans une équipe qui s’apparente plus à une famille, d’être avec ma fille le mercredi et de travailler de la maison quand elle est malade sans qu’on me fasse les gros yeux (je ne pense pas que ça fasse vraiment plaisir à mon boss mais au moins je boulot est fait). Je serais dingue de changer de boîte.

Mais je risque de m’enfermer et je le sais, j’en ai parfaitement conscience. Seulement, je ne veux pas faire le choix d’évoluer professionnellement au détriment de ma vie de famille.

Alors je repense à cette phrase : réussir dans la vie ne signifie pas réussir sa vie. Reste à savoir ce qu’on souhaite.

(Mais bon sang, les mecs se posent-ils autant de questions ?!!)

D.

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